Octobre 2009 · Octobre 2011

Les voyages suivants

Après la mission de 2008, l'association repart chaque fois qu'elle le peut. Deux carnets subsistent : celui de 2009, tenu semaine par semaine, et celui de 2011, organisé par thèmes.

Octobre 2009 : quatre mille quatre cents euros et quatre cents kilos

Le départ était prévu le 4 octobre. La compagnie aérienne ayant supprimé le vol, le groupe part le 2 — « deux jours de gagnés donc ! ». Il voyage un mois, de Tananarive à Tuléar, en passant par Antsirabe, Fianarantsoa, Manakara et Ifaty.

Le voyage se fait comme le font les Malgaches : en taxi-brousse, en train, parfois à pied.

J'ai remarqué qu'on ne payait pas le taxi brousse avant de monter, mais pendant le voyage ou en descendant. Ici, la confiance règne.
Carnet 2009, semaine du 5 octobre

Le train qui descend de Fianarantsoa vers l'océan Indien met treize heures pour faire cent soixante-dix kilomètres. Sur les quais, une chanteuse locale que la foule espérait voir refuse de se montrer.

Devant la déception des gens amassés au bord des quais, j'ai pris ma guitare et ma femme a chanté. Au moins ça les a fait rire.
Carnet 2009, semaine du 12 octobre
Portrait d'une fillette souriante aux cheveux nattés
2009 — Sur la route
Deux jeunes enfants debout au bord d'un chemin de terre
2009 — Au village
Étal de boucherie en plein air, viande suspendue à des crochets
2009 — L'étal du boucher, Antsirabe
Rue de marché animée bordée d'étals et de linge suspendu
2009 — Un jour de marché
Grains mis à sécher sur une natte au bord de la route
2009 — Le séchage au bord de la route
Un enfant assis sous un étal de légumes
2009 — Sous l'étal

La fête du pont, un an après

Le 12 octobre 2009, les villageois organisent une fête pour le premier anniversaire du pont. Ils remercient les donateurs, les adhérents et les bénévoles, et rendent hommage à celui qui a dirigé le chantier : « Tu es venu travailler ici, gratuitement, et tes efforts ont été grands. »

Surtout, ils font le bilan de ce que l'ouvrage a changé. Ce passage est le plus précieux de tout le carnet, parce qu'il mesure un résultat plutôt qu'une intention :

  • le taxi-brousse passe : les produits de la ferme et l'artisanat trouvent un marché ;
  • une briqueterie s'est créée, et avec elle des emplois ;
  • les enfants vont à l'école — « sans risquer la noyade » ;
  • et surtout, l'ambulance peut entrer dans les villages.
Enfin et c'est peut-être le plus important, quand il y a un malade ou un blessé, l'ambulance peut aller jusqu'au cœur d'un des villages, pour emmener celui-ci à l'hôpital situé à 25 kms de là.
Carnet 2009, semaine du 12 octobre

La journée se termine par des chants traditionnels, une course de zébus et une distribution de cahiers et de stylos aux enfants.

Tuléar, un an après

Le 16 octobre, le groupe arrive à l'orphelinat de Tuléar, celui dont la fermeture était annoncée l'année précédente. Les enfants y sont entrés le 30 juillet ; la veille de la remise des clés de l'ancienne maison.

Puis bisous aux enfants, qui nous ont accueillis avec des chants.
Carnet 2009, semaine du 12 octobre

Le bâtiment n'est pas fini, mais les sanitaires fonctionnent. Il n'y a ni eau courante ni électricité : on se lave grâce au puits d'un voisin, à une cinquantaine de mètres. L'école est à deux kilomètres et demi.

Il faudrait des vélos, mais on verra ça plus tard. 50 € par vélo, pour le moment, on ne peut pas.
Carnet 2009, semaine du 12 octobre

Le constat est sans détour :

Ils vivent quand même les uns sur les autres.
Carnet 2009, semaine du 12 octobre

La priorité devient donc l'agrandissement, avant l'eau et l'électricité. Le groupe remet l'argent confié en France « pour scolariser les enfants et continuer de construire l'orphelinat », et distribue vêtements, livres, jouets et boîtes à bulles.

Une choriste lavalloise, Christine, de la chorale Coup d'Chœur, accompagne le voyage. Elle a pris en charge les médicaments et les jeux. Sa chorale offre un CD, qui sera présenté à la radio de Fianarantsoa, et co-organisera une soirée de soutien en janvier 2010.

Le bilan chiffré du voyage

4 400 € envoyés depuis la France, dont il restait environ 774 € au moment du départ. Plus de 400 kg de vêtements, jouets, savons et objets divers distribués.

Quinze jours après le retour, le carnet note sobrement : « d'autres dépenses ont été faites, les caisses sont vides. Et les travaux arrêtés. »

Octobre 2011

L'agrandissement plutôt que les finitions

Le carnet de 2011 change de forme : « Nous avons décidé de vous faire part de nos observations et non un récit chronologique, pour changer. » Pas de semaines, mais des chapitres — l'orphelinat, les transports, les visages et les paysages.

La nouvelle principale est un arbitrage assumé : plutôt que de terminer le bâtiment, l'association a choisi de l'agrandir pour y adjoindre un magasin. Deux nouveaux pensionnaires sont arrivés.

Sur les photographies d'intérieur, on voit des étagères vides : c'est le premier magasin, qui a servi de réfectoire pendant le séjour. Un second a été acheté — mais les deux réunis ne suffisent pas à nourrir la famille qui a recueilli deux autres orphelins.

D'où le projet suivant, chiffré à 1 300 € : un moulin à farine, pour que la maison gagne son revenu plutôt que de l'attendre.

L'orphelinat de Tuléar achevé, avec son mur d'enceinte et son portail
En chemin

Le pays traversé

Les parcs, les forêts, le Sud et ses baobabs : ce que l'on voit entre deux chantiers.

Panneau d'entrée du parc national de Ranomafana
Le parc de Ranomafana
Un lémurien accroché à une branche dans la forêt
Un lémurien, à Ranomafana
Un maki catta à la queue annelée, sur un tronc couché
Un maki catta, au parc d'Anja
Un caméléon sur des feuilles mortes
Un caméléon
Forêt de montagne s'étendant jusqu'à l'horizon
Les hautes terres
Végétation dense de fougères arborescentes
La forêt d'Andasibe
Un baobab isolé dans un paysage sec
Un baobab, dans le Sud
Buisson épineux caractéristique du sud de Madagascar
Le bush épineux du Sud
Cactus colonnaire couvert d'épines
Près de Tuléar
Palmier raphia aux larges palmes
Un raphia
Un homme cuisine sur un feu de bois au bord de la plage
La cuisine sur la plage, à Anakao
Deux enfants dans la végétation, au bord d'un chemin
Sur le chemin

Sur ces sources. Cette page reprend le carnet de voyage d'octobre 2009, publié en six chapitres hebdomadaires, et le carnet de 2011. Les citations sont données telles qu'elles ont été écrites.

Le carnet de 2009 ne donne le nom d'aucun de ses auteurs. Celui de 2011 ne comporte ni date ni itinéraire, et ne nomme pas la ville de l'orphelinat qu'il décrit : l'attribution à Tuléar découle de la continuité du récit. Le nombre d'enfants accueillis n'est donné dans aucun des deux.

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Cinquante euros, c'était un vélo

En 2009, l'association ne pouvait pas les offrir aux enfants qui marchaient deux kilomètres et demi jusqu'à l'école. Les ordres de grandeur n'ont pas changé.

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